« Je me suis sentie humiliée. Et mon corps a fini par dire stop. » C’est ce que m’a dit une personne que j’ai accompagnée, et qui évoluait depuis des mois dans un climat de peur permanent. Une directrice imprévisible , des exigences excessives. des critiques répétées, et la peur constante de mal faire.
Puis il y a eu la scène de trop.
Après plusieurs jours de travail intense sur une présentation importante, sa directrice la convoque devant ses collègues, rejette brutalement son travail et se met à hurler. La scène en est caricaturale, mais l’humiliation, elle, est publique. Et cette personne s’est retrouvée en sidération totale.
À cet instant, son corps lâche, déclenchant un arrêt maladie. Elle développe des troubles anxieux et des troubles du sommeil. Et même loin de cet environnement, la scène continuait de revenir en boucle : les cris, la honte, la peur.
C’est là que j’ai travaillé avec la thérapie EMDR dans le cadre d’une cellule d’écoute psychologique, en lien avec la médecine du travail.
L’EMDR, c’est une technique réservée aux psychologues, infirmiers et médecins, et qui aide à :
- diminuer voire supprimer l’intensité émotionnelle liée au souvenir
- réduire les flashbacks et les réactions de stress
- apaiser les sensations corporelles liées au trauma
- restaurer un sentiment de sécurité
- permettre de reprendre confiance professionnellement
Cela a permis à la personne accompagnée de retourner au travail sans déclenchement de l’anxiété, de se débarrasser des mauvais souvenirs, de ne pas réactiver des sensations vécues dans de nouvelles situations professionnelles n’ayant rien à voir avec la situation traumatisante. L’objectif n’est pas d’effacer le souvenir. C’est de permettre au cerveau de retraiter ce qui est resté bloqué.
Les violences au travail laissent de vraies blessures psychologiques et elles méritent d’être prises au sérieux.
Anne-Sophie CHARROIS