“Une machine à habiter ensemble”

La formule est de Le Corbusier, mais elle s’applique terriblement bien à l’aventure du Familistère.

Mardi 28 janvier 2020. Il pleut, il neige, même.

Chaque année, nous nous offrons une journée hors du tumulte pour faire quelque chose ensemble, nous, équipe des Ressources et des Hommes. Et pour penser notre projet d’entreprise, tout en nous reconnectant à la raison d’être de notre boite.

Peinture, poterie.. cela a pris plusieurs formes.
Cette année nous avons choisi d’aller passer la journée à Guise, au Familistère.

Le Familistère, c’est le lieu d’une utopie réalisée entre 1858 et 1968.
C’est Jean-Baptiste Godin, inventeur des poêles du même nom, qui a voulu, pensé et financé cette aventure.
Godin avait quelques convictions bien chevillées au corps, et une vision assez singulière du rôle du patron et de ce que devait être le travail.

Si l’on jette un oeil un peu rapide sur le personnage et sa philosophie, on pourrait le qualifier de paternaliste. Ce qu’il n’est pas.

Pour Godin, le travail est un moyen d’émancipation, de développement, et le confort et la sécurité matérielle doivent être partagés par tous, quel que soit le niveau social. La richesse générée par le fruit du travail des hommes ne doit pas aller grossir un capital, mais être partagée de manière équitable.

Il donne alors accès à ces salariés à ce qu’il appelle “des équivalents de richesse”, c’est à dire à l’usage de biens matériels ou d’installations de confort jusqu’à lors réservés aux bourgeois, en construisant des immeubles d’habitation ultra modernes et innovants.

Chauffage, eau chaude, piscine, école, théâtre, logement salubre… voici une partie des équipements mis à disposition des ouvriers dans les années 1860.

Sa vision d’émancipation et de partage va plus loin. En 1880, il change le modèle de l’entreprise, et associe les ouvriers. L’entreprise devient la leur, et non plus seulement celle du fondateur.

L’aventure survit à Godin jusqu’en 1968, où l’association est dissoute.

Quoi qu’il en soit, Godin s’est inscrit dans la lignée des pionniers, des défricheurs. Ceux qui déjà, il y a 160 ans, pensaient que la réussite de l’entreprise passait par la mise en sécurité et le bien être des hommes qui la composent.

Nous n’avions pas choisi le lieu par hasard. Il entre en résonance avec la manière dont nous voyons les choses. C’est dans ces murs que nous avons travaillé pour définir les grands axes de l’année 2020.